Vous venez de recevoir la signification d’une requête en ordonnance de protection et de l’ordonnance qui fixe l’audience ? Le juge aux affaires familiales statuera dans les six jours : il vous reste souvent quatre jours, parfois moins. Face à une ordonnance de protection abusive, consultez sans attendre un avocat. Maître Aurélia Compère, avocat au barreau de Lille, accompagne les personnes visées selon une méthode pensée pour l’urgence.
Sommaire
1.Qu’est-ce qu’une ordonnance de protection ?
Les violences au sein du couple sont une réalité grave, et l’ordonnance de protection est une réponse nécessaire. Prévue aux articles 515-9 et suivants du Code civil, elle permet au juge aux affaires familiales de prendre en urgence des mesures destinées à protéger une victime et ses enfants. Le juge la délivre lorsqu’il existe des raisons sérieuses de considérer comme vraisemblables à la fois les violences alléguées et le danger auquel la victime ou les enfants sont exposés, au vu des éléments produits devant lui et contradictoirement débattus, comme le prévoit l’article 515-11 du Code civil.
Cette procédure est civile. Elle ne suppose aucune plainte préalable et ne débouche sur aucune déclaration de culpabilité, mais ses effets sur votre vie quotidienne sont immédiats. Vous trouverez une présentation générale de ces situations sur notre page Violences conjugales.

2.Comment la procédure est-elle engagée contre vous ?
Depuis le 17.01.2025, le juge est saisi par une requête remise ou adressée au greffe, accompagnée des pièces sur lesquelles elle repose. Le juge rend aussitôt une ordonnance qui fixe la date de l’audience, et cette ordonnance doit vous être signifiée dans un délai de deux jours, avec une copie de la requête et des pièces, selon l’article 1136-3 du Code de procédure civile. Cette signification vaut convocation.
Le document que vous recevez n’est donc pas une assignation au sens habituel, mais il produit le même effet : vous êtes attendu à une date précise, souvent très proche. L’audience se tient en chambre du conseil, hors la présence du public, et le ministère public est avisé de la date pour donner son avis. Si l’autre partie le demande, les auditions se tiennent séparément, ce que prévoit l’article 515-10 du Code civil. Vous pouvez être assisté d’un avocat, et il est vivement conseillé de l’être.
3.Que risque la personne visée par une ordonnance de protection ?
Les mesures sont lourdes. Le juge peut vous interdire tout contact avec l’autre partie ou avec certaines personnes, vous interdire de vous rendre dans certains lieux, attribuer à l’autre la jouissance du logement familial, statuer sur l’autorité parentale, le droit de visite et d’hébergement et la contribution à l’entretien des enfants, vous interdire de détenir ou de porter une arme et vous ordonner de remettre celles que vous détenez. Ces mesures valent pour une durée maximale de douze mois et peuvent être prolongées si une procédure de divorce ou relative aux enfants est engagée entre-temps, en application de l’article 515-12 du Code civil.
Leur non-respect constitue un délit, puni de trois ans d’emprisonnement et de 45 000 € d’amende par l’article 227-4-2 du Code pénal. Au-delà, une ordonnance de protection peut peser durablement sur l’organisation de la vie familiale, bien après son expiration.

4.Dans quels cas parler d’ordonnance de protection abusive ?
La rapidité de cette procédure contraste avec les délais d’une instance ordinaire devant le juge aux affaires familiales, qui se comptent souvent en mois. Ce décalage crée une tentation. Il arrive qu’une demande soit préparée pendant plusieurs semaines, puis présentée comme urgente, afin d’obtenir rapidement la jouissance du logement ou la résidence des enfants, ou de prendre l’avantage dans un divorce à venir.
La loi pose pourtant deux conditions cumulatives : la vraisemblance des violences et l’existence d’un danger. Lorsque l’une d’elles fait défaut, la demande doit être rejetée. La chronologie des faits, la cohérence du récit et la réalité de la vie familiale au quotidien deviennent alors décisives. Encore faut-il pouvoir les établir en quelques jours.
5.Comment se défendre contre une demande d’ordonnance de protection ?
Le premier réflexe consiste à appeler un avocat dès la signification, sans attendre la veille de l’audience. Il faut ensuite s’abstenir de tout contact avec l’autre partie, conserver l’ensemble des échanges écrits, messages, courriels et publications, et identifier les personnes qui peuvent témoigner de la réalité de votre quotidien familial.
Votre avocat vous aide à reconstituer une chronologie précise, à sélectionner les pièces utiles et à répondre point par point aux accusations formulées. Les incohérences du récit adverse, ses contradictions avec d’autres procédures en cours et le contexte de la séparation, qu’il s’agisse d’un divorce engagé ou d’un désaccord sur la résidence des enfants, sont mis en lumière avec rigueur.
L’audience se prépare ensemble, dans ses moindres détails. Votre attitude compte : même lorsque vous vous sentez injustement mis en cause, rester calme, précis et attaché aux faits renforce la crédibilité de votre parole devant le juge.
6.Que faire une fois la décision rendue ?
Si le juge délivre l’ordonnance, vous devez en respecter chaque mesure dès sa notification, même si vous la contestez. L’ordonnance est susceptible d’appel dans un délai de quinze jours suivant sa notification, selon l’article 1136-11 du Code de procédure civile. Le juge aux affaires familiales peut aussi, à tout moment et à la demande de l’une des parties, supprimer ou modifier tout ou partie des mesures, ou rapporter l’ordonnance.
Lorsqu’une procédure de divorce est engagée dans la foulée, la défense se poursuit sur un autre terrain. Notre article consacré à l’audience à bref délai devant le juge aux affaires familiales présente le déroulement de ces procédures accélérées.
7.Comment le cabinet vous accompagne-t-il dans l’urgence ?
Ces dossiers exigent un travail considérable sur une période très courte. Le cabinet a donc mis en place un accompagnement spécifique. Dès la signification, vous appelez le cabinet, qui vous reçoit le jour même ou le lendemain, au cabinet ou en visioconférence. Une fois le dossier ouvert, votre avocat reste mobilisé sur votre affaire jusqu’à l’audience et demeure joignable, y compris en dehors des heures habituelles.
La défense se construit à deux. Vous connaissez votre histoire ; nous savons ce que le juge attend. Cette collaboration étroite est la condition d’une défense solide dans un délai aussi bref.
Le cabinet n’intervient en défense que lorsque l’examen du dossier montre que la demande ne correspond pas à la réalité de la situation familiale. Cette exigence est la condition de la sincérité de notre défense. Le cabinet accompagne tout autant les victimes, comme le présente notre page avocat pour une ordonnance de protection à Lille.
8.Combien coûte la défense contre une ordonnance de protection ?
L’accompagnement fait l’objet d’un forfait de base de 2 000 € HT. Son contenu exact et les frais susceptibles de s’y ajouter, tels que le déplacement devant une juridiction éloignée, figurent dans la convention d’honoraires qui vous est remise avant tout engagement. L’ensemble des forfaits du cabinet est présenté sur notre page tarifs.
9.Le cabinet intervient-il en dehors de Lille ?
Le cabinet est installé à La Madeleine, au cœur de la métropole lilloise, et intervient devant le tribunal judiciaire de Lille comme dans toute la France. Le premier rendez-vous peut se tenir en visioconférence, ce qui permet d’engager la défense immédiatement, où que vous vous trouviez.
Le juge aux affaires familiales statue dans un délai maximal de six jours à compter de la fixation de la date d’audience. L’ordonnance qui fixe cette date devant être signifiée dans les deux jours, la personne visée dispose souvent de quatre jours au plus pour préparer sa défense.
Non. Il s’agit d’une décision civile rendue par le juge aux affaires familiales, fondée sur la vraisemblance des faits et du danger. Elle ne constitue pas une déclaration de culpabilité, mais sa violation est pénalement sanctionnée.
Les mesures sont prises pour une durée maximale de douze mois à compter de la notification de l’ordonnance. Elles peuvent être prolongées si une procédure de divorce, de séparation de corps ou relative à l’autorité parentale est engagée pendant ce délai.
L’audience se tient au tribunal judiciaire de Lille, en chambre du conseil. Le juge entend chaque partie, le cas échéant séparément, examine les pièces échangées et recueille l’avis du ministère public avant de statuer.
Appelez immédiatement un avocat, évitez tout contact avec l’autre partie et rassemblez les échanges écrits et les témoignages qui éclairent votre situation. Le Cabinet Compère Avocat vous reçoit le jour même ou le lendemain de votre appel, à La Madeleine ou en visioconférence.
Conclusion
Face à une demande d’ordonnance de protection, chaque jour compte. Appelez le cabinet au 03 20 22 21 45 ou prenez rendez-vous en ligne, au cabinet de La Madeleine ou en visioconférence : nous vous recevons le jour même ou le lendemain.
Si vous êtes vous-même victime de violences, notre article Ordonnance de protection : comment l’obtenir en urgence face aux violences ? vous indique les démarches à engager sans attendre.

